




je me dis que c'est pas mal aussi d'utiliser cette page pour discuter...
une espèce de chat à grande latence-20-03-07
Julien,
Comme tu me l'as conseillé, j'ai fouillé un peu dans les textes mis en ligne par jean dans temporalitès, j'aime beaucoup ce texte la:
possible
Aux yeux de Bergson, le possible ne préexiste pas au réel, et le réel ne fait pas que réaliser l'un des possibles préexistant. Il y a là une illusion rétrospective qui nous pousse à projeter, après coup, le possible dans le passé, comme ce qui aurait pu se produire, ce qui était déjà là comme une potentialité, comme si ce qui se réalise ne faisait qu'actualiser un possible parmi d'autres, « car le possible n'est que le réel avec, en plus, un acte de l'esprit qui en rejette l'image dans le passé une fois qu'il s'est produit ». Souvenons nous de la belle analyse de Deleuze, dès les premières pages de son petit livre sur Bergson : « Quand nous demandons "pourquoi quelque chose plutôt que rien ?", ou "pourquoi de l'ordre plutôt que du désordre ?", ou "pourquoi ceci plutôt que cela (cela qui était également possible) ?", nous tombons dans un même vice : nous prenons le plus pour le moins, nous faisons comme si le non-être préexistait à l'être, le désordre à l'ordre, le possible à l'existence. Comme si l'être venait remplir un vide, l'ordre, organiser un désordre préalable, le réel, réaliser une possibilité première. L'être, l'ordre ou l'existant sont la vérité même ; mais dans le faux problème, il y a une illusion fondamentale, un "mouvement rétrograde du vrai" par lequel l'être, l'ordre ou l'existant sont censé se précéder ou précéder l'acte créateur qui les constitue, en rétrojetant une image d'eux-mêmes dans une possibilité, un désordre, un non-être supposés primordiaux. » ("Le bergsonisme", chapître premier, "l'intuition comme méthode"). De fait, il nous faut faire un effort véritable pour considérer que le possible désigne ce que le présent génère comme ouverture, que c'est une notion prospective et non rétrospective, que l'existence d'une pluralité préalable de possibles entre lesquels, inévitablement, dans une sorte de choix objectif, un seulement se réaliserait, est un non-sens. Le possible n'est pas un sous ou un sur réel, il n'est que le réel considéré du point de vue de ses potentialités présentes de développement, il est le réel considéré comme surgissement de nouveauté. Bien sûr, on pourra ensuite reconnaître dans le passé les éléments qui ont conduit à cette nouveauté, on pourra lui trouver rétrospectivement des antécédents, on pourra recomposer les bribes éparses qu'elle a maintenant réuni avec une sorte d'évidence. Que l'on considère, par exemple, la façon dont André Leroi-Gourhan interprète l'invention technique. Mais ce n'est là que le jeu de l'inévitable projection du présent sur le passé.
Il rejoint bien nos préoccupations en terme de contemplation et de transformation.
J'avais un peu abordé cette notion en travaillant sur hiroshima, notamment à travers les ouvrage de dupuy et sa notion du catastrophisme éclairé.
Mais là le concept de Bergson était appliqué à la notion de catastrophe de prophétie.
N'empêche que tout cela se rejoint, j'étais allé fouillé un peu dans la philosophie japonaise pour m'intéresser à la notion de temps au japon, et on retrouve un truc assez proche : cette notion de temps cyclique. Et de présent comme actualisation des possibles. Notamment dans la philosophie zen, chez dogen: Je vais chercher mon bouquin sur dogen des qu'arsene est réveillé (il dort dans ma chambre) et je recopierai un passage..
Ainsi les japonais pour caractériser l'instant de l'explosion d'hiroshima disent qu'il était 00h00mn00s, un temps entre la vie et la mort, entre la renaissance et la destruction.
Ce présent, c'est un peu cet instant contemplatif qu'on essaie de définir, un instant ouvert au possible et à la transformation.
(note: relire borges "le jardin aux sentiers qui bifurquent").
C'est tres interessant à travailler, essayer de transmettre un présent en y capturant sa potentialité, quelquechose de son actualisation.
Encore une fois c'est une sensation que je peux avoir en lisant des haikus. On a la sensation de revivre un instant de manière saisissante, non pas comme un souvenir mais comme un présent "retrouvé" comme si le passé à ce moment n'était pas une catégorie achevée mais se tenait sur la même ligne que le présent. Le même "plan d'immanence"...
Et si c'est instant parait si vivant à nos consciences de lecteurs c'est qu'il est chargé de cette transformation et d'ouverture au possible. Et non un instant figé dans un système fermé de causes et conséquences préétablis.
Ce n'est pas tres clair, je jette ça sur l'écran histoire de faire un peu le point mais j'aimerai continuer à éclaircir cette idée à travers notre correspondance, j'ai l'impression que ça peut nous apporter beaucoup dans nos interrogations sur la notion de contemplation et d'échange sensible, de temps réel...
Et oui c'est tres agreable d'écrire directement en edit sur le site plotsème ça créé un espèce d'entre deux entre le chat et le mail...20-03-07'
Salut Guillaume,
Comment vas tu?
Je ne t'ai pas trop donné de nouvelles ces derniers temps mais j'avais mis un peu de côté le travail video pour bosser sur mon scenar.
Je viens de pondre une nouvelle version donc je me retrouve avec un peu de disponibilité dans la tête et beaucoup d'envie de m'y remettre.
Du coup je vais me remettre aussi à te harceler au sujet de ton logiciel de ralenti...
Comme tu as pu voir on a un peu avancé avec Julien sur les videos, tout d'abord simples objets d'échange on se dit de plus en plus que ce travail en progression et la méthode employée au départ peut nous amener quelque part, vers quelquechose de présentable, si on le développe.
Surtout il s'avère que la direction prise par les vidéos colle assez bien avec les idées évoquées brièvement quand on s'était vu à Paris et que tu m'avais parlé de ton soft : Lenteur, disparition, transformation... Finalement tout ça pourrait s'articuler autour de la contemplation dans l'image et de la place du spectateur (possibilité d'une installation...) - pour faire vite... - Il y aussi le texte de bartleby tres interressant parce qu'il touche à cette notion de disparition, de lenteur, d'arrêt...
Il y a aussi l'idée d'un work in progress via correspondance numérique qui marcherait bien avec le désir que tu avais de faire évoluer le logiciel face aux images produites et vice versa, de lier créativement la production des images et le développement du soft. Tout ce travail pourrait se faire via la plateforme plotsème qui sera mise en place, à travers les échanges de points de vue et de fichiers.
Qu'en penses tu?
penses tu pouvoir mettre à jour le logiciel prochainement?
ça serait vraiment chouette, ça me permettrait de faire la prochaine vidéo avec.
Il y aurait plein de choses à dire encore mais si ça te dit, le mieux serait qu'on fasse tout ça via une correspondance à trois avec julien pour vraiment faire avancer le chmilblik.
Sinon, je vais essayer de passer à marseille prochainement mais c'est loin d'être sur...
Et aussi si ça vous dit: squatte bouffe et farniente cet été en bourgogne, si vous êtes libre, ça me fera plaisir de vous y voir.
Ce serait une occase de discuter tous les 3 de vive voix sur le sujet.
tiens moi au courant,
Bises,
(pti) Julien.-21-03-07
Salut !
J'ai enfin trouvé un peu de temps pour mettre à jour le système de
ralentis !
Tu peux le télécharger ici <http://www.010175.net/files/softs/
systemG.zip>
Il s'agit de deux applications :
La première s'appelle Ralentis, c'est l'éditeur de la courbe de
ralentis. Son utilisation est simple bien que l'interface soit encore
un peu moche.
La seconde, Moulinette, est le logiciel de rendu du ralentis.
Après avoir lancé l'application Ralentis il faut créer une nouvelle
'composition' par le menu Fichier->New et sélectionner un film
QuickTime à ralentir. S'affiche alors deux fenêtres, celle du film
Quicktime et celle de l'édition de la courbe de ralentis.
La fenêtre d'édition de la courbe se présente comme une grille.
Horizontalement la grille représente le time-code de la vidéo et
verticalement c'est le pourcentage de ralenti (de 100 à 0 %, toutes
valeurs au-delà de 100 devraient représenter une accélération mais ça
ne fonctionne pas encore et de toutes façons le principe est de
travailler sur le ralenti, pas l'accélération...).
Le début et la fin du film sont représentés par deux lignes
verticales vertes. Tu peux de-zoomer avec les sliders pour faire
apparaître la totalité du time-code dans la fenêtre.
La création de la courbe se fait par l'ajout successif de points sur
la grille en cliquant sur celle-ci. Les point de la courbes peuvent
être ensuite déplacés ou effacés. Pour déplacer un point il faut le
sélectionner (il s'affiche alors en jaune) et le bouger avec la
souris. Tu verra qu'il ne bouge que sur l'axe vertical (le
pourcentage de ralenti), pour le déplacer sur l'axe horizontal il
faut appuyer sur la touche pomme en même temps. Pour effacer un point
il faut le sélectionner et appuyer sur la touche Delete.
Une fois la courbe dessinée, sauvegarde ta composition (Menu fichier-
>Save).
Pour effectuer un rendu du film il faut ouvrir cette composition avec
Moulinette. A cause d'un petit bug il faut impérativement quitter le
logiciel Ralentis pour pouvoir lancer Moulinette ....
La technique du calcul du ralenti est presque simple. Chaque images
du film original va être multipliée en fonction du pourcentage
correspondant sur la courbe. Par exemple si la courbe à l'image
00:01:57'7 est à 50% cette image va être doublée pour durée deux fois
plus longtemps, simple !. Ca devient plus compliqué quand le
pourcentage ne correspond pas à une multiplication par un nombre
entier d'images. En vidéo on peut facilement doubler ou tripler une
image mais on ne peut pas multiplier une image par 1,5.. Dans ce cas
là la solution est de créer une arythmie dans la multiplication des
images. Un petit exemple :
Imagine un film de 4 images (notées A, B, C et D). A 25 images par
secondes ce film dure 1/25*4 = 0,16 secondes.
Maintenant je veux ralentir ce film à 50% pour qu'il dure 0,32
secondes. Il suffit de doubler chaque images comme ça : AABBCCDD
soit 8 images donc 0,32 seconde.
Mais si je veux ralentir ce film à 30% de sa vitesse initiale, il
faudrait que je multiplies chaque images par 3,33 ce qui est
impossible, on ne peut pas créer de fractions d'images. Mais on peut
céer une suite arythmique d'images afin d'obtenir une moyenne proche
du résultat recherché : AAAABBBCCCDDD = 13 images soit un
ralentissement proche de 30%.
En plus du ralentis Moulinette permet de calculer un lissage de
mouvement afin d'éviter les saccades qui apparaissent lorsqu'on
ralenti un film. Ce lissage est réaliser en faisant un fondu de
plusieurs images successives de la vidéo. En superposant un grand
nombre d'images on obtient un effet proche de celui des long temps de
pause photographique dans lequel tout sujet en mouvement tend à
disparaître.
Les options de rendu sont :
- Time Remap active le calcul de ralentis du film.
- Frame Blending active le calcul de lissage des images du ralentis.
- Linear sert à choisir si le lissage se fait en fonction de la
courbe (donc proportionnellement au ralenti) ou de manière constante
en fonction d'une valeur qui correspond au nombre d'images .
C'est encore très expérimental mais je suis arrivé a faire quelques
essais intéressants avec. Dis moi si tu a besoin de plus
d'explications sur le fonctionnement de la chose.
Bises,
Guillaume
Merci Guillaume!
c'est Super!
Je suis à la campagne sur une connection 56k donc je vais devoir patienter un peu avant de pouvoir trifouiller tout ça...Mais je m'y mets des que je rentre et je t'en parle vite... Je vais d'abord essayer de faire des tests avec des images que j'ai en stock puis dès que j'aurai compris un peu ce que ça raconte j'essaierai de travailler dans l'optique de développer un film avec...
A très vite,
Par mail ou sur le site,
Bises,
Jul.
Ps: je vais passer sur Marseille en juin, histoire de vous rendre visite et de filmer la video prévue au prado...
Bon,
on s'y remet?
tu en tires quelquechose de "ralentis"?
jhk-11-05-07